Visite au Nicaragua mars 2025
Impressions personnelles / Yolande Wagener

La visite de terrain du projet Inhijambia (Attention intégrale portée à des enfants, adolescents et familles vulnérables, issus de quartiers marginaux de Managua) au Nicaragua par Angélique Brosset et moi-même, initialement prévue pour octobre 2024, mais reportée pour problèmes administratifs d’entrée au pays, a eu lieu du 6 au 13 mars 2025.
Sur base de diverses recommandations une entrée au Nicaragua par voie terrestre était préférée, via le Costa Rica, en passant par la frontière de Peñas Blancas. Malheureusement, malgré l’intervention du sous-directeur du projet auprès des autorités nicaraguayennes, l’accès d’entrée au pays nous a été refusé.
Après le refus d’entrée pour raisons inconnues au Costa Rica de nos partenaires nous avons convenu d’organiser le plus possible de réunions viséo (fort improvisées et techniquement « vulnérables ») pour essayer au mieux d’avoir un aperçu aussi détaillé et objectif que possible du projet.
Nous rencontrons une équipe très engagée, préoccupée par les circonstances actuelles, mais cherchant avec beaucoup de flexibilité et de dynamisme des solutions aux défis quotidiens.
Dans la situation actuelle, la gestion administrative et financière du projet exige des efforts exceptionnels, en raison entre autres de :
• l’incertitude quant à la continuation de l’autorité juridique d’Inhijambia
• la lourdeur de la gestion administrative et financière quotidienne, liée aux nombreuses justifications requises par le gouvernement
• l’insécurité financière, accentuée par le retrait imposé de nombreuses ONG internationales et par une inflation persistante, notamment sur les produits alimentaires, qui réduit fortement les ressources disponibles et compromet les budgets alloués aux repas et aux aides alimentaires destinés aux bénéficiaires.
Nos partenaires expriment clairement leur inquiétude quant à un éventuel retrait de TdHL, actuellement l’unique bailleur de fonds essentiel pour Inhijambia.
C’était avec une grande émotion que j’ai entrepris ce voyage pour retrouver ce pays exceptionnel où j’avais travaillé en tant que médecin bénévole de 1982 à 1984 pendant une période de plein essor politique, social, culturel, à la rencontre d’un peuple chaleureux, plein d’espoir et de courage pour construire une société plus juste et solidaire.
Le refus d’entrée au pays, les informations peu réconfortantes de la situation d’Inhijambia, les maints échanges avec des Nicaraguayens au Costa Rica m’ont profondément attristée et préoccupée.
En 1982 coeur et âme nous chantions la chanson de Carlos Mejilla Godoy :
Nicaragua, Nicaraguita, la flor mas linda de mi querer
Nicaragua, Nicaraguita , la plus belle fleur de mon amour
… aujourd’hui c’est avec beaucoup de tristesse et de déception que je ne peux plus chanter la dernière phrase
Pero ahora que ya sos libre, Nicaraguita, yo te quiero mucho màs
Mais maintenant que tu es libre, Nicaraguita, je t’aime encore plus

